28-juillet-2014
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HISTOIRE DES CARRIÈRES

Bienvenue dans la section histoire. Accordez vous un peu de temps pour découvrir l'histoire des carrières et catacombes de Paris. Nous passerons en revue ici divers aspects de cette histoire riche en événements et en parallèles avec l'histoire plus "conventionnelle" de Paris.



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Les informations de cette rubrique sont extraites de divers ouvrages traitant des souterrains et de l'histoire de Paris. Certains articles sont basés sur l'observation personnelle ainsi que sur de la documentation propre.

BIBLIOGRAPHIE

Si vous souhaitez vous documenter d'avantage nous vous conseillons les ouvrages qui suivent.


PARIS SOUTERRAIN de E. Gerards (Ed. Sides)
Cet ouvrage écrit au début du siècle est et reste la référence absolue. Indispensable et de plus en plus difficile à trouver.

A LA DECOUVERTE DES SOUTERRAINS DE PARIS de P. Saletta (Ed. Sides)
Cet ouvrage est en quelques sorte l'ancetre de l'Atlas du Paris souterrain cependant le texte est plus riche et plus instructif. A lire.

L'ATLAS DU PARIS SOUTERRAIN de A. Clement et G. Thomas (Ed. Parigrammes)
Il s'agit d'un magnifique album d'images avec quelques précisions et infos utiles.

LES SOUTERRAINS DE PARIS de M. Viré
(Ed. Nord Patrimoine Editions)
Pourquoi celui ci? Parce qu’il n’est pas cher et que c'est un bon ouvrage pour commencer à se documenter.

Si vous avez des remarques à faire, si vous constatez des informations erronées ou si vous voulez poser une petite question :

> contact@catacombes.info

LES CARRIERES DE PARIS

De l'époque romaine au Moyen-Âge, l'exploitation de carrières à ciel ouvert avait suffi pour fournir les matériaux nécessaires à la construction de la cité. Paris était alors de taille modeste et même s'il existait déjà des édifices assez importants, le besoin en pierres ne justifiait pas des exploitations plus importantes (Il y avait aussi le fait que les pierres des constructions romaines avaient également été réutilisées).

Lors de l'essor démographique de l'occident médiéval, tout change vers les XIIe et XIIIe siècles. Philippe Auguste (1180-1223) développe alors considérablement la capitale. En parallèle à cette extension de la ville, de nombreux chantiers sont déjà en cours et nécessitent une quantité importante de matériaux, La cathédrale Notre-dame depuis 1163, le rempart et le château du Louvre depuis 1180. Cette forte demande décupla la production de roche à Paris. Il fallut par conséquent entailler d'avantage le coteau et les carriers ont préféré poursuivre l'exploitation de la roche en souterrain. Ainsi les terres cultivables étaient préservées en un temps où elles étaient très recherchées.

Representation d'une carrière à ciel ouvert - Dessin extrait de l'ouvrage "les souterrains de Paris"
Exploitation d'une carrière à ciel ouvert

Les carriers ouvraient des bouches de cavage dans le front de taille des carrières à ciel ouvert. A partir de là, ils exploitaient des réseaux de galeries pratiquement parallèles et se recoupant. Ils isolaient ainsi des masses de pierre à l'intersection des galeries, appelés piliers tournés, qui supportaient le ciel de la carrière.

L'abattage de la pierre avait lieu en trois étapes : le souchevage (Le bloc était sapé et coupé par en dessous avec un marteau appelé "esse" pour le séparer du banc inférieur) ensuite intervenait le déférmage (Le carrier creusait de chaque coté du bloc des tranchés verticales de même profondeur que le souchevage) finalement le carrier plaçait des coins en fer sur le dessus du banc à abattre et frappait ces coins avec une masse pour détacher le bloc. Une fois ce banc abattu, le carrier le façonnait aux dimensions demandés par le constructeur, c'est ce qu'on appelait la première taille. Il ne restait plus qu’à charger le bloc sur un chariot attelé et le conduire par la voie de roulage hors de la carrière, vers le cavage. Ces ateliers de carrière étaient assez hauts (4m sous le Val de Grâce) mais en arrière du front de taille les galeries étaient encombrées de déchets d'exploitation, par conséquent les galeries de circulation étaient rarement plus hautes que 2m.

Exploitation par piliers tournés et entrée en cavage - Dessin extrait de l'ouvrage "les souterrains de Paris"
Exploitation par piliers tournés et entrée en cavage

Ces premières carrières souterraines restaient étroitement liées aux anciennes carrières à ciel ouvert et constituaient leur prolongement. Au milieu du XIIIe siècle est apparue la technique d'exploitation dite à rampe inclinée. Au lieu d'exploiter le calcaire la ou il affleure on creusait des tranchées inclinées descendant aux niveaux exploitables. Les Chartreux semblent avoir été les premiers à utiliser cette technique lorsqu'ils édifièrent leur monastère (qui se situait à l'emplacement actuel du jardin du Luxembourg). Cette technique de rampe inclinée nécessitait une surface au sol importante ainsi qu'un fort investissement humain et financier. Seuls le roi, les seigneurs et les communautés religieuses pouvaient se permettre de faire ouvrir de telles carrières pour la construction de divers bâtiments (Monastère des Chartreux, Hôtel Dieu...). Cette technique resta "à la mode" jusqu'au XIVe siècle.

Exploitation par rampe inclinée - Dessin extrait de l'ouvrage "les souterrains de Paris"
Exploitation par rampe inclinée

Vers la fin du XIVe siècle une autre technique fit son apparition, dans un premier temps dans les endroits où la place manquait pour ouvrir une exploitation à accès en rampe inclinée. C'est la technique des puits d'extraction. De cette façon les carrières souterraines sous de petites propriétés foncières se développèrent dans les seigneuries. C'est également à cette époque où les exploitations progressaient vers le sud que quelques carriers entamèrent l'exploitation, sous le banc vert, du banc des lambourdes au niveau inférieur grâce à des puits traversant le niveau supérieur déjà exploité.

L'exploitation des carrières par piliers tournés pressentait un inconvénient majeur, l'obligation de perdre une partie assez importante du calcaire dans les piliers de soutien (taillés dans la masse). La technique dite d'exploitation par hague et bourrage supprimait cet inconvénient. On extrayait toute la roche sans laisser de piliers et pour soutenir le ciel de la carrière, les carriers comblaient la cavité au fur et à mesure avec les bancs médiocres et les déchets de taille, ce sont les bourrages. Pour faire tenir ces remblais ils montaient en même temps des murets de pierre sèche nommés hagues. Pour bien caler le ciel ils montaient également des piliers de gros blocs empilés à bras d'homme, les piliers à bras. Il n'était plus nécessaire avec cette technique de garder de grandes hauteurs d'exploitation, les ateliers des carriers atteignirent 1m80 et bien souvent moins. Toutes ces carrières étaient accessibles à l'aide de puits équipés de treuils de carrière à grande roue. Cette technique d'exploitation fut utilisée du XIVe siècle jusqu'en 1860. Cette grande roue permettait à un homme seul de 80Kg de remonter un bloc de plusieures tonnes par le puits d'extraction (un moment important est obtenu avec une faible force exercée sur un levier suivant la relation : M=l.F) cependant l'homme actionnant la roue devait parcourir l'équivalent de 250m d'échelons pour faire remonter un bloc sur 18m. Ce travail était harassant.

Technique du puits d'extraction - Dessin extrait de l'ouvrage "les souterrains de Paris"
Technique du puits d'extraction

Paris s'agrandissant, les anciennes carrières qui n'étaient plus exploitées, situées au centre du Paris actuel, ont été recouvertes par l'étendue urbaine. Leur existence a été oubliée de tous jusqu'au XVIIIe siècle où nombre d'affaissements de terrain dans Paris ont fait prendre conscience du danger que représentaient ces anciennes exploitations pour la stabilité du sol. En 1777 l'IDC (Inspection Des Carrières) est crée. Son rôle est de répertorier, sonder et consolider les vides laissés par les carrières.

Ce que de nos jours on appelle catacombes de Paris sont en majorité des galeries d'inspection et de consolidation de l'IGC reliant les différentes carrières, ce réseau de galeries s'étend sur 300km environ, on peut le découper principalement de ce cette manière :

- 100km sous le XIVe, XVe, VIe et Ve arrondissements de Paris

- 25km sous le XIIIe arrondissement

- 7km sous le XVIe arrondissement

- 350m sous le XIIe arrondissement

Sans compter les petits réseaux au nord de la seine dans les carrières de gypse (au sud le calcaire).

Officiellement ces galeries ne sont pas accessibles pour le commun des mortels, seul l'ossuaire officiel est visitable mais il ne représente qu'une infime partie du réseau parisien (1.7 KM). Pour tous les autres il reste encore quelques entrées connues de quelques uns qui permettent d'accéder à la "totalité" du réseau. Cependant à notre époque ce grand réseau a tendance à très fortement diminuer. Les injections de l'IGC qui coupent l'accès à certaines galeries et parties du réseau se multiplient, Les puits d'accès sont soudés, les échelons sont sciés. Les constructions d'immeubles détruisent de grandes zones (ex : une partie du réseau s'étendait à l'endroit ou a été construite la tour Montparnasse, maintenant la zone est complètement injectée).

Ce lieu mériterait d'être mis en valeur, préservé rien que pour sa valeur historique. Certaines galeries sont pluri centenaires, on peut y voir encore des épures tracées sur les murs par les carriers. Les galeries les plus anciennes sont des merveilles d'architecture. Sans oublier que ce lieu a été le théâtre d'événements historiques : La résistance l'utilisait pour éviter les patrouilles nazies pendant la guerre, ils y avaient même un Poste de Commandement sous la Place Denfert-Rochereau à partir duquel le colonel Rol-Tanguy et l'état major des FFI coordonna la libération de Paris en Août 1944. Les nazis et la Luftwaffe y avaient un bunker sous le Lycée Montaigne et la Faculté de Pharmacie, sans oublier les contrebandiers qui s'en servaient comme dépôts et comme chemin pour faire passer leurs cargaisons sous la barrière d'octroi. Pendant mai 68 certains manifestants s'en sont servis pour passer sous les bottes des CRS.

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